À PARAÎTRE ! JUIN 2017

 

 

?maintenant je plonge tes yeux dans le noir fond de la chanson de paille
le vin sera plus vif filtré par les vêpres de tes prunelles papillon
maintenant je fonds à la bougie souvenir dépaysé
errant avec des labyrinthes attachés il l’ombre de mes pas
avec de lourds paquets de labyrinthes sur le dos
perdu à l’intérieur de moi-même perdu
là ou personne ne s’aventure porté sur le brancard des ailes d’oubli
et en dépit des fusées parties à l’intérieur du globe
les armoiries géologiques somnolent dans le gosier de la montagne
dont les corbeaux troublent le silence indéchiffrable
vissant leurs larges et dures spirales d’acier autour du vol unique
perdu à l’intérieur de soi-même là où personne ne s’aventure sauf l’oubli


Tristan Tzara, L’homme approximatif, chant VI (extrait)
Collection Poesie/Gallimard © Gallimard 1968

extrait :