Prix selon la destination

 

 

 

Benoît Kilian : grosse caisse horizontale
Jean-Luc Petit : clarinette contrebasse, saxophones alto et sopranino





extrait :

la nuit circonflexe

 

 

Benoît Kilian & Jean-Luc Petit la nuit circonflexe FOU Records FR CD25

Une grosse caisse horizontale manœuvrée par Benoît Kilian avec des instruments de percussion complémentaires et additionnels pour en faire changer insensiblement le timbre, les vibrations par contact, frottements, tremblements, ondes graves qui se propagent dans l’espace, dans et autour du champ de fréquences de la clarinette contrebasse de Jean-Luc Petit. Le silence est toujours présent, les sons graves de la percussion coexistent jusque dans la vibration de l’anche dans l’énorme colonne d’air, cavité monstrueuse. Paysage mouvant, Rien que ces gazouillis fragile d’inconsolés soleils valent pour eux seuls le déplacement. L’écoute est aussi intense que le mouvement du jeu est lent, très lent. Remous des dunes confirme la qualité d’inspiration : l’émission sonore continue développe la métamorphose du son dans la lenteur extrême, une pointe d’harmonique se meut et meurt dans un temps dilaté, une durée suspendue. Le grondement du tambour ressasse le même glissando vers le grave alternant avec un aigu métallique soutenu. Le rejoignant, le souffleur crée une structure inquiète dans l’aigu, subreptice, une impression sensible sur le parchemin d’un sismographe hors du temps. Il faut tendre l’oreille pour atteindre la limite de l’audible en ayant le sentiment qu’ils jouent au delà hors de notre portée. La succession des morceaux (6), tous aussi hantés les uns que les autres, mais plus mouvementés en toute cohérence, font de cette rencontre enregistrée en studio par Antonin Rayon, un objet d’écoute rare, infiniment subtil, de ceux qui nous invente une nouvelle histoire inouïe. Avec des matériaux ténus et finalement extrêmes, les deux artistes expriment l’indispensable, le nécessaire et un vrai plaisir.


11 septembre 2017

Benoît Kilian et Jean-Luc Petit "la nuit circonflexe" (Fou Records FR-CD 25)

 

"Gazouillis fragiles d'inconsolés soleils
Remous des dunes
Alluvions de graves
Au tourment du désert oxydé
La nuit circonflexe
Les boréales saignées"

Autant de titres, autant d'accroches, autant d'images entrecroisées, autant d'invites à l'errance onirique. C'est l'objet même de cet album que de déclencher des rêves éveillés, entremêlés, incertains.

Un rythme lent, pour ne pas effaroucher d'emblée, pour laisser toute leur place aux couleurs, aux matières sonores. Pour laisser s'amplifier notre souffle, calmement. Des percussions caressées, frottées, aux stridences contrôlées, en résonance, en sympathie avec celles du saxophone, de la clarinette contrebasse. C'est en particulier sur ce dernier instrument que repose cet univers de brumes, de vibrations graves, transpercées parfois de fulgurances suraigües. Ainsi se déploient ces "gazouillis fragiles ..." .

Univers heurté, grognement de graves aux percussions frottées, stridences suraigües pour "le désert oxydé". Une plongée dans une zone de turbulences éraillées et fascinantes.

Et c'est curieusement dans le thème titre de l'album, "la nuit circonflexe", qu'on croit déceler de vagues échos de solos de sax de l'épopée du jazz. Oh, rien de bien évident, mais une impression persistante. Juste peut-être un lointain souvenir du lyrisme d'alors enchâssé dans cette musique radicalement neuve. Une sorte de résidu granitique, épargné par l'érosion du temps et des mémoires, pointant encore par dessus les moraines accumulées depuis lors. La science du presque rien qui charrie des univers.

Une très belle entente illustrée encore et encore, à l'image de ces " boréales saignées". Les percussions de Benoît Kilian rappelant les matins calmes, tissant parfois des trames, amplifiant les gazouillis de Jean-Luc Petit, lui laissant par moments tout le silence nécessaire ou au contraire, se faisant discrètement pressant.

Une cinquantaine de minutes d'errances bienfaisantes. Offrez-vous ce moment suspendu.

Benoît Kilian : grosse caisse horizontale, percussions

Jean-Luc Petit : clarinette contrebasse, saxophone alto, sopranino

Posté par dolphy00 à 07:30