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Fabrice Favriou : guitare électrique, objets
Jean-Luc Petit : clarinette contrebasse, saxophones alto & sopranino
Julien Touéry : piano, objets




extrait :

la fièvre nous dénombre

 

Fabrice Favriou Jean-Luc Petit Julien Touéry Fou Records FR – CD27

Sans titre, deux morceaux de 22 :00 (la fièvre nous dénombre) et 25 :32 (au coucher de l’éclair). Fabrice Favriou joue de la guitare électrique, Jean-Luc Petit de la clarinette contrebasse, des saxophones sopranino et alto et Julien Touéry du piano et des objets. Enregistré au Carré Bleu. La musique évolue comme un continuum bruitiste, les sons du  guitariste et du pianiste s’interpénètrent, les sons électroniques, vibrations de moteur, triturations des effets, bruits d’orage au loin, hululements hagards se différenciant vaguement d’une pluie percutante des touches, marteaux et mécanismes sur les cordes bloquées alors que le souffleur joue sur les extrêmes de son sax sopranino. La fièvre nous dénombre passe très vite comme un train entre deux gares lointaines dans un demi-sommeil. C’est avec la clarinette contrebasse graveleuse  et un brin hantée de Jean-Luc Petit que se meut petit à petit le coucher de l’éclair dans un demi silence. Comme un souffle léger de vent du soir, l’ampli vibre à peine et la clarinette contrebasse se déplace sur le bout des orteils alternant silences et grondements discrets, les quels suggèrent un élément mélodique alors que la caisse du piano résonne dans l’espace et quelques notes légères au clavier carillonnent dans le lointain. L’ensemble est magnifique par sa qualité de développement de sons et des timbres. Le souffleur monte dans un aigu irréel – légèreté des harmoniques, le bruissement d’orage qui s’annonce tremble en arrière fonds des touches effleurées et du souffle qui décortique les aléas de la colonne d’air. Les marteaux scandent comme une machine qui tourne folle comme si le lecteur CD était bloqué, l’installation de la guitare semble en plein brouillard, la clarinette géante surnage à peine. Un maelström statique s’agite tous sons confondus, le souffle revient, au sax alto, fou furieux et happé par les éléments et le pianiste embrasse tout le clavier à sa suite. Quelques minutes inexorables, où le saxophoniste triture les phrasés et s’arcboute sur des harmoniques hérissées face au piano virevoltant alors que la guitare électrique se tord complètement.  Une belle tranche de vie improvisée radicale. Trois improvisateurs décidés, criant leur haine du vide et du semblant.