Quelques disques auxquels j'ai participé
pour une raison…
ou plusieurs…

 
 
 
 
 
 
 

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travaux

 
 
 
 
 
 
 
 
Enregistré le 17 avril 2011 par Jean-Marc Foussat
 
Favre-Schweitzer
 
 
 
 

"Our third release on Downtown Music Gallery's newly formed DMG ARC label is the first in our series of CDs recorded at the DMG New Music Magic Mystery Festival at The Stone in December 2006. The second set that night was originally supposed to be Joelle Leandre performing duos with Marilyn Crispell, Mat Maneri and Roy Campbell, but turned out to be a superb quartet with Joelle directing. This was a first time performance by this unique drummerless line-up and it was a phenomenal set! There were sections of duos and trios that Joelle helped instigate, yet you couldn't predict the many magical moments that arose from this group. Superbly recorded by John Rosenberg and wonderfully remixed & mastered by Jean Marc Foussat, the sound is incredible. I still get goosebumps as I listen to this disc, since it does capture that dynamic improv magic so well. I recall that both sets that night were excellent, the first was a strong duo with percussionist Kevin Norton (released on Leo) and the second is this fabulous quartet. Listening now to the second set, whether you were there or not, you get the feeling that something very special was taking place. There is an aura of suspense and mystery that runs through the entire set/disc. You can hear all four musicians listening closely and having an ongoing dialogue. This quartet features Joelle Leandre on contrabass, Marilyn Crispell on piano, Roy Campbell, Jr. on trumpets & flute and Mat Maneri on viola & violin. Highest recommendation from your good friends at Downtown Music Gallery!"

Forced Exposure



© Guy Girard


 

14.2.15 MASSACRE À SONS D'HIVER — 6 avril 1981, 28 rue Dunois, Paris. À la faveur d'une invitation à Reims, la veille aux Musiques de traverses de Patrick Plunier (où l'on pouvait sentir d'autres sons d'un air neuf avec Lol Coxhill, Tamia, Jacques Thollot, Michael Nyman, Marquis de Sade) un nouveau groupe se produit au nom perturbateur : Massacre. On connaît alors assez bien le guitariste, Fred Frith, son nom est associé à quelques avancées d'avant-rock des années 70, principalement grâce à Henry Cow, il y a aussi ses associations avec Robert Wyatt, Brian Eno, ses Guitar solos qui l'ont placé instantanément dans l'insolent peloton des expérimentateurs de guitares (avec Derek Bailey, Eugene Chadbourne, Hans Reichel...). On sait qu'il est parti à New-York. Il s'y trame des choses. On sait peu des deux autres, Fred Maher et Bill Laswell, mais leurs noms figurent dans ces sortes de listes annonçant ostensiblement que quelque chose frémit qui bientôt va vrombir. Les plus avertis s'en délectent. On parle de Celluloid, de Material ... On nous l'avait bien dit, la donne change. De nouveaux noms s'égrennent : Michael Beinhorn, Robert Quine, John Zorn, adoubés par quelques vétérans comme Sonny Sharrock, Olu Dara, Henry Threadgill, George Lewis ou Billy Bang. À Dunois, Jean-Marc Foussat et son fidèle Revox, témoins frénétiques de l'actualité en marche dans ce loft du XIIIème parisien, enregistrent ce qui pour partie deviendra l'album Killing Time. À l'issue du concert, Fred Frith nous assure qu'on va entendre parler du bassiste. Bill Laswell deviendra effectivement une des signatures de production des années 80 les plus intenses. Une sorte de fissure détendue va bientôt former l'essentiel du paysage. Émerge un solide pont reliant les bricolages audacieux, les figures d'histoire et l'estimable commerce : Whitney Houston, Les Golden Palominos, Afrika Bambaataa, John Lydon, Ginger Baker, Sly and Robbie, Peter Brötzmann, William Burroughs, Wayne Shorter, Bootsy Collins, Bernie Worrell, Mohammed Abdel Wahab, Foday Musa Suso, Praxis, Mick Jagger, Motörhead, Les Ramones, Iggy Pop, Yoko Ono et bien sûr Herbie Hancock dont le succès "Rock it" a fracassé nombre portes. Massacre se séparera peu de temps après la sortie de Killing Time, album de conclusion de la vie d'un groupe éphémère (heureux temps où un groupe pouvait d'abord tourner sans avoir de disque et vivre son temps), album prémonitoire d'époque nouvelle, de temps tués, de ces années 80 élancées et bourrées de certitudes en constante forme de point d'interrogation. En 1998, le groupe renaît avec, remplaçant Fred Maher, Charles Hayward, batteur de The Heat, partenaire des Raincoats, Ted Milton, Lol Coxhill ou d'Everything but the Girl. C'est donc ce trio que nous retrouvons le vendredi 13 février 2015 sur la scène de Créteil après une première partie assurée par le groupe du trompettiste Ambrose Akinmusire. En une heure ininterrompue, Fred Frith, Bill Laswell et Charles Hayward, jouent et se jouent par effets télescopiques des ambigüités de perspective, de l'action animée du processus, des fuites du temps (à tuer). Bribes de Shadows, bribes de surf même, en incessantes vagues, la musique déchire l'écran d'une douceur d'apocalypse nous renvoyant à ce qui nous reste de suspension, de suspens de nous-même. La mémoire de Massacre est éléphantesque. L'absence n'y a aucune place. Même les souvenirs usés franchissent la paroi. Transgressés, ils deviennent combatifs en réalité immédiate. Ce soir, Massacre nous a simplement sidéré, furieusement rappelé qu'il existe une vie hors de la crainte, une inversion de la dégradation valétudinaire du monde. Jean Rochard